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Les registres -- Le cycle du contact
-- Les résistances
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« Le contact entre l’organisme et l’environnement est la réalité première la plus simple. » *
« Le rapport organisme humain et environnement n’est, naturellement, pas seulement physique mais aussi social. Aussi, dans toute étude de l’homme, telle que la physiologie, la psychologie ou la psychothérapie, devons-nous parler d’un champs dans lequel interagissent au moins les facteurs socioculturels, animaux, et physiques. L’approche de ce livre est « unitaire », dans ce sens que nous essayons, de manière détaillée, de considérer chaque problème dans un champ social, animal et physique. de ce point de vue, par exemple, on ne peut regarder les facteurs historiques et culturels comme des éléments compliquant ou modifiant les conditions d’une situation biophysique plus simple, mais comme intrinsèques à la manière dont tout problème se présente à nous. » *
« La psychologie étudie l’opération de la frontière contact dans le champ organisme-environnement. » *
« La frontière contact où se situe l’expérience ne sépare pas l’organisme de son environnement : elle délimite plutôt l’organisme, le contient et le protège, et en même temps touche l’environnement. En d’autres termes, qui pourront sembler étranges, la frontière contact - ... - n’est pas tant une partie de l’organisme qu’essentiellement l’organe d’une relation particulière entre l’organisme et l’environnement. » *
« Le contact, c’est la prise de conscience du champs ou la réponse motrice dans le champ. » *
« Le contact, c’est la prise de conscience de la nouveauté assimilable et le comportement adopté envers elle : c’est aussi le rejet de la nouveauté inassimilable. » *
« Tout contact est donc un ajustement créateur de l’organisme et de l’environnement. » *
« Le contact, le travail qui résulte dans l’assimilation et la croissance, est la formation d’une figure se détachant d’un fond ou contexte : le champ de l’organisme-environnement. » *
« La psychologie est l’étude des ajustements créateurs. » *
« La psychologie pathologique, c’est l’étude de l’interruption, de l’inhibition ou autres accidents dans le cours de l’ajustement créateur. »*
« Le système complexe de contacts nécessaires pour l’ajustement dans un champ difficile, nous l’appelons le self. »*
* PERLS (F.), HEFFERLINE (R.E.), GOODMAN (P.), Gestalt thérapie, Vers une théorie du Self: nouveauté,
excitation, croissance, Montréal,
Stanké, 1981.
Le self,
pour la gestalt, rend compte de la personne prise comme totalité, il
rend compte de notre existence psychologique, il est le processus par lequel
nous créons « contact » avec notre environnement.
Le self est contact, son activité est la formation d’une figure d’intérêt
sur un fond disponible. Une de ses caractéristiques est la formation
et la destruction des gestalts.
Le self est le système par lequel
l’organisme s’ajuste à chaque instant dans un champ organisme-environnement.
Le self est le processus fonctionnant pour le développement de notre
organisme.
Le self est notre manière particulière
d’être engagé dans le processus de contact, c’est « nous
dans le processus ».
Le self est unitaire, toutes les dimensions de
l’homme y sont présentes et non séparées.
Le self ne
peut être appréhendé que dans l’expérience car il
n’existe, ne s’actualise que dans le contact. C’est en quelque sorte une virtualité,
une abstraction, il ne possède pas de réalité objective,
matérielle.
Le self, mécanisme qui conduit à l’ajustement
créateur dans le champ organisme-environnement, est essentiellement un
processus temporel qui se déroule suivant un cycle : le cycle de l’expérience.
Cette approche du self, basée
sur les notions de contact, de champ, de frontière contact et de formation,
destruction des gestalts, doit être complétée par:
les
registres ou fonctions du self
les diverses représentations du cycle
de contact ou de l’expérience
les résistances ou mécanismes
de défense.
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-- Les résistances
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Le self, défini comme processus
d’ajustement créateur dans un champ organisme-environnement, se manifeste
dans son déploiement tout au long du cycle de l’expérience sous
des aspects différenciés qui sont les registres ou fonctions.
Registres ou fonctions qui sont indissociables, les unes apparaissant seulement
de manière privilégiée à un instant de l’expérience,
par rapport au autres.
Concrètement le ça, le moi, le mode
moyen et la personnalité représentent les stades majeurs de l’ajustement
créateur.
Le registre du ça
C’est un registre où le
corps occupe le premier plan, les mouvements sont suspendus, il constitue le
fond.
Les frontières de l’organisme sont floues, indifférenciées,
c’est un état de confluence avec l’environnement. Cet état s’accompagne
d’un sentiment de symbiose. Dans ce registre le self est passif, Il peut être
fragmenté et irrationnel quand les désirs et pulsions sont multiples
et non différenciés.
L’émergence s’effectue sur le registre du ça, « ça m’arrive », et le self identifie les pulsions, les désirs et les traite sous le registre du moi.
Le registre du moi
Ce registre identifie les pulsions,
les désirs, il est le siège de l’élaboration des choix,
des prises de décision.
Dans ce registre le self est actif, c’est
l’espace où discrimination, identification et aliénation des désirs
s’effectuent, c’est le choix de la figure par rapport au fond.
La frontière
contact est très clairement perçue et l’organisme peut ressentir
un certain isolement, il y a séparation d’avec d’autre choix possible.
Ce registre est très actif, agressif sur le plan moteur et prend le pas
sur le registre du ça après l’émergence des désirs,
des pulsions, lors de l’orientation.
Les choix et prises de décisions
s’effectuent en fonction de ce qui émerge (registre du ça) et
de mon expérience acquise (registre de la personnalité).
Le mode moyen
Ce mode de fonctionnement
du self est actif et passif à la fois, il est de voix moyenne.
C’est
le lâcher prise au moment de l’accomplissement, l’écoulement énergétique
est libre, l’action est unifiée et spontanée le mouvement est
à prédominance active et la perception à dominance passive.
C’est le plein contact, dans cette expérience, organisme et environnement
sont à la fois réunis et distincts.
Le registre de la personnalité
Pour Perls et Goodman, la personnalité
c’est la structure du self, c’est l’hypothèse de ce que l’on est, la
base à partir de laquelle on expliquerait son comportement. cette structure
se construit comme la mémoire assimilé, intégrée
des expériences antérieures du self.
La personnalité,
n’est pas fixe, elle est adaptative, elle est plus stable et dispose donc d’une
certaine solidité, elle est responsable, c’est l’image de soi.
La
personnalité est variable, multiple en fonction du champ (comme professionnel,
comme compagnon, comme ami...).
Pour Salathé, il y a trois registres
majeurs: ça, moi et le mode moyen et une structure d’un ordre différent:
la personnalité. La personnalité, c’est la structure qui va étayer
le fonctionnement du self dans ses différents registres lors du développement
du cycle de contact.
C’est elle qui construit mon identité,
et me permet de me développer par l’assimilation
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Les diverses représentations
du cycle de contact ou de l’expérience
Le cycle du contact, découle
de l’approche du self comme processus temporel. c’est le cycle de satisfaction
des besoins et de nombreux auteurs ont recherché à définir
les différents stades du contact.
Il s’agit toujours du processus
qui décrit l’émergence d’un besoin, de comment il se développe,
trouve satisfaction et de comment il disparaît pour laisser place à
une nouvelle émergence.
Perls et Goodman ont décrit quatre phases principales:
Le pré-contact
Cette phase d’émergence
d’un nouveau besoin est précédée de l’existence d’un fond
indifférencié, calme, et de réceptivité flottante
aux sollicitations éventuelles. De ce fond, où sensations et besoins
divers peuvent être présents, un stimulus précis devient
figure et cette figure se détache progressivement du fond.
C’est
l’émergence d’un besoin.
La prise de contact
Cette phase est en prise sur le désir,
elle est active, mobilise l’énergie pour passer à l’action.
Cette phase nécessite d’effectuer le choix de satisfaire le besoin qui
a émergé, elle engage la responsabilité.
Le plein contact
C’est la période d’accomplissement durant laquelle l’énergie se décharge. sa finalité est la satisfaction du désir, il y a adéquation entre perception, choix et actions
Le post-contact
C’est la phase de retrait et d’assimilation,
d’intégration de l’expérience de contact.
Le self perd de
son acuité, le cycle s’achève et le sujet se retrouve disponible
pour l’émergence d’une autre figure
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Les résistances ou mécanismes
de défenses
Les résistances sont les mécanismes
de régulation du contact, elle sont présentes dans toutes les
phases du cycle de contact.
Elle peuvent interrompre le cycle de contact
de façon saine ou pathologique.
L’interruption saine, débouche
sur une réorganisation du champ et donc sur un nouvel ajustement créateur
dans un autre cycle du contact.
L’interruption pathologique, débouche
sur une situation inachevée et engendre le renouvellement inconscient
de tentative de bouclage.
Leurs significations se présentent
:
- dans le comportement (le sujet agit de la sorte)
- dans la configuration
de la frontière contact
- dans la phase d’interruption du cycle
- dans le mode de fonctionnement du self (ça, moi, mode moyen, personnalité)
Les principales résistances sont très bien illustrées par Serge Ginger** dans une représentation sous forme de tableau : Figure N° 1 et Figure N° 2.
** GINGER
S., La Gestalt, une thérapie du contact, Hommes et Groupes, Paris, 1990

Figure N°1
La confluence
C’est
une situation de non contact, il n’y a plus de frontière distincte entre
organisme et environnement. « C’est un état où la frontière
contact est peu perçue. »**** Il y a confusion entre organisme
et environnement, fusion, symbiose, homogénéisation du champ,
alors qu’il existe une différence. C’est l’indifférenciation de
la figure et du fond.
Le plus couramment, c’est le maintien du retrait où
il y a absence de prise de conscience du nouveau désir.
L’introjection
Elle
renvoie à toutes les introjections parentales, sociales, culturelles
qui ont été ingurgitées sans examen critique, sans savoir
si cela convenait ou pas. Elle est la cause de l’incapacité à
discriminer, de savoir par soi-même.
L’introjection est également
le mode d’apprentissage efficace, quand il correspond, quand il s’avère
en adéquation avec les besoins.
L’assimilation est la manière
de discriminer dans l’environnement ce qui est nécessaire pour se développer,
contrairement à l’introjection qui évite la déstructuration
nécessaire et indispensable.
La projection
Elle
est l’envers de l’introjection, c’est attribuer à l’extérieur,
l’environnement, ce qui nous appartient. Dans la projection, l’environnement
est rendu responsable de ce qui a son origine dans le sujet. Le sujet perçoit
l’environnement, non dans sa réalité, mais dans ce qu’il imagine.
Il y a distorsion de la frontière contact, l’organisme envahit l’environnement.
Il faut noter que la projection, la perception teintée de notre imaginaire,
n’est pas obligatoirement une fausse perception, et qu’elle est à la
source de nombreuses créations, littéraires, plastiques, picturales,
rêves...
La rétroflexion
Elle
consiste en un évitement de l’interaction, à retourner contre
soi l’énergie mobilisée. La personne substitue à l’environnement
une partie d’elle-même.
Elle s’exprime sous deux formes :
faire
à soi-même ce que l’on voudrait faire à l’autre,
faire
à soi-même ce que l’on voudrait que l’autre nous fasse.
C’est
un processus très usité pour le contrôle de soi, particulièrement
en ce qui concerne l’expression de l’agressivité et des pulsions sexuelles.
La déflexion
Elle
permet d’éviter le contact direct, de réduire son intensité.
C’est un mécanisme d’évitement, de déviation, de diversion.
Cela peut être un mécanisme d’adaptation dans des situations de
contact difficiles. S’il est utilisé de manière systématique
et non appropriée, il ne permet plus aucun contact véritable.

Figure N° 2
La proflexion
C’est
le mécanisme qui consiste à faire à autrui, ce que l’on
voudrait qu’il nous fasse. c’est une manière d’attendre une réponse
désirée, sans avoir à en effectuer la demande (explicite).
C’est une manière de chercher dans l’environnement une réponse
désirée, caractérisée par une forme de non contact
avec ses propres ressources.
L’égotisme
Dans
l’égotisme, il y a renforcement, rigidification de la frontière
: séparation de l’organisme et de l’environnement.
Cela se manifeste
par le besoin de contrôler les variables de la situation (awareness avec
ses propres processus d’ajustement) et cela réduit les possibilités
de passage de l’action à l’interaction. Il n’y a pas le lâcher
prise nécessaire pour permettre le passage au mode moyen.
C’est parfois
une phase nécessaire de « récupération narcissique
» au cours du parcours thérapeutique.
Les mécanismes de défense, ou résistances exposés, s’ils sont mis en oeuvre de manière délibérée et accessible à la conscience, ne peuvent être considérés comme pathologique, mais seulement comme des modalités intentionnelles de gestion du contact (même s’ils peuvent être considérés comme inappropriés dans une situation particulière).
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