GUIDE DU CONSULTANT
SNPPsy
Une psychothérapie :
pourquoi ?
Depuis un certain
temps, tout devient plus difficile pour vous. Vous éprouvez
un mal-être, des difficultés psychiques, vous êtes
angoissé(e) et déprimé(e), vos problèmes
de couple vous paraissent insolubles, ou bien toutes sortes de difficultés
relationnelles, sexuelles ou existentielles se répètent
dans votre vie. Ou encore vous désirez accéder aux
aspects inconscients de vous-même pour vous libérer
d’une certaine destructivité devenue gênante. Au bout
du compte vous vous trouvez confronté(e) à une situation
nécessitant de recourir aux ressources d'un tiers qui vous
offre une écoute professionnelle, bref vous sentez la nécessité
d’entreprendre une psychothérapie. Et vous souhaitez être
bien informé(e) et trouver un psychothérapeute compétent.
Ce petit guide réalisé
par le SNPPsy se propose de vous y aider.
Qu’est-ce que la psychothérapie
? Pour qui ? Pour quoi ?
La psychothérapie est une
profession de santé non médicale qui s’occupe des
soins psychologiques des personnes. Ce service s’adresse à
toute personne qui en éprouve le besoin et particulièrement
quand elle souffre de difficultés psychologiques, relationnelles,
sexuelles, comportementales, psychosomatiques. Toutefois la psychothérapie
est rarement opérante à elle seule dans le cas de
troubles mentaux graves ou de conduite addictive (drogue, alcoolisme).
Elle peut venir en complément d’un traitement médical
ou social ; elle est alors le plus souvent effectuée dans
le cadre d’une institution spécialisée.
Le psychothérapeute propose une démarche personnelle
qui vise à approfondir la connaissance de soi et dénouer
les problématiques aliénantes. La psychothérapie
touche essentiellement les aspects cachés ou méconnus
de soi-même. Suivant les méthodes et disciplines ou
selon les moments de la psychothérapie, on mettra l’accent
sur la guérison des symptômes et l’adaptation du comportement,
ou sur la résolution de la problématique cachée,
ou sur l’évolution et le développement de la personne,
ou sur la découverte de sa vérité de sujet
et l’acceptation de soi-même tel que l’on est. C’est une démarche
dans laquelle le double engagement de celui qui entreprend la démarche,
que nous appellerons ici consultant, et du psychothérapeute,
constitue un élément déterminant.
Quelles différences
y a-t-il entre psychiatre, psychologue, psychothérapeute,
psychanalyste ?
Le psychiatre est
un médecin qui s’occupe des maladies mentales et peut prescrire
des médicaments. Le psychologue est un chercheur en
sciences humaines qui a étudié les comportements de
façon objective et qui connaît les théories
psychologiques. Parmi les psychologues, certains se spécialisent
dans la psychologie clinique : le psychologue clinicien fait passer
des tests, contribue au diagnostic des maladies mentales, assure
des entretiens cliniques. Il travaille plutôt au sein d’une
équipe soignante ou dans une institution d’éducation
spécialisée. Le psychothérapeute pratique
la psychothérapie, c’est-à-dire les soins non médicaux
de la psyché, par l’écoute ou à l’aide de techniques
actives, soit en séances individuelles, soit en groupe. Il
ne s’occupe pas de la maladie en tant que telle mais de la personne
en difficulté. Il ne délivre pas de médicaments.
Ce n’est pas non plus un chercheur scientifique (même si certains
le sont aussi par ailleurs) mais un praticien qui exerce un art
particulier auquel il s’est spécialement formé : la
psychothérapie. La psychanalyse est une discipline particulière
inventée par Freud, souvent adaptée dans la pratique
comme psychothérapie. La psychanalyse se définit
comme visant d’abord à advenir à soi-même, à
mieux "se savoir", cesser de souffrir pouvant en découler,
les deux étant évidemment liés. À ce
titre elle se caractérise comme une théorie et une
méthodologie traitant de l’inconscient, à partir de
la pensée de Freud, inspiratrice de nombreuses autres pratiques
dans le domaine de la psychothérapie. Elle-même, la
psychanalyse, se répartit en de multiples écoles.
Enfin on distingue • d’une part, les psychanalyses
et les psychothérapies verbales et psychocorporelles, qui
travaillent à partir de la relation et considèrent
la personne qui les consulte comme un sujet que le psychothérapeute,
autre personne-sujet, accompagne relationnellement en professionnel
dans la découverte et la compréhension de soi et de
ses problèmes à partir du dialogue, • d’autre
part les psychothérapies comportementales, cognitives et
systémiques, qui, d’ordre prescriptif, considèrent
qu’il convient essentiellement de donner des consignes à
la personne qui consulte. Le SNPPsy rassemble essentiellement
des psychothérapeutes de la relation et du sujet.
Il y a des médecins psychiatres et des psychologues qui sont
aussi psychothérapeutes - ou psychanalystes s’ils utilisent
cette discipline, parce qu’ils ont suivi une psychothérapie
personnelle et une formation pratique sérieuse à la
psychothérapie en plus de leurs études universitaires.
Attention : l'état actuel
de l'absence de réglementation permet que certains se disent
psychothérapeutes sans en avoir les compétences. Renseignez-vous,
il est de votre responsabilité de bien vérifier à
qui vous avez affaire avant de vous engager. Un psychothérapeute
de la relation tel que nous les titularisons, a suivi une psychothérapie
personnelle approfondie ou une psychanalyse durant de longues années,
et une importante formation pratique dans une école agréée
par le SNPPsy ou l'AFFOP (5 années universitaires), ou parfois
auprès d’un psychothérapeute didacticien, en plus
de ses études universitaires. Il a été agréé
par un syndicat de psychothérapeutes ou par l’école
qui l’a formé, ou fait partie d’une association qui le reconnaît.
Qu’il soit ou non diplômé de médecine,
de psychologie ou d’autre chose, son diplôme universitaire
ne lui donne pas de compétences pratiques dans le domaine
de l’art psychothérapique.
Quelles sont les méthodes
ou disciplines pratiquées ?
Les méthodes
sont nombreuses en apparence. Elles peuvent représenter des
avancées intéressantes par rapport à la psychanalyse.
Elles peuvent se regrouper en grandes familles, verbales, psychocorporelles,
d'inspiration psychanalytique, existentialiste, ou cognitiviste.
Elles se pratiquent en séances individuelles ou en groupe.
Il existe aussi des consultations pour couples et familles.
Chaque système ou discipline implique un positionnement différent
dans la relation entre le psychothérapeute et le consultant,
notamment en ce qui concerne le contact ou le non-contact corporel,
l’intervention active ou la non-intervention du psychothérapeute,
la qualité de son implication personnelle ou une certaine
non-implication. Vous pourrez poser au psychothérapeute
toutes les questions que vous voulez concernant ses méthodes
lors du premier entretien. Mais sachez que les techniques ne sont
que des outils qui passent après les qualités personnelles
et professionnelles du psychothérapeute.
Quelle est la nature de la relation
entre le consultant et son psychothérapeute ?
La relation thérapeutique
instaure un espace symbolique fondé à la fois sur
une intimité et sur une distance respectueuses. En tant que
lien symbolique, cette relation est l’élément moteur
du processus psychothérapique. L’interdiction du passage
à l’acte des pulsions violentes et sexuelles dans cet espace
symbolique est la condition même de la liberté d’expression
de tous les aspects de la personne en psychothérapie.
Le psychothérapeute est le garant du respect des interdits.
Le consultant s’implique pour lui-même avec toute
la sincérité et la force d’engagement dont il est
capable. L’implication du psychothérapeute est au service
du processus psychothérapique. Cette asymétrie dans
la relation permet d’abord au consultant d’investir le psychothérapeute
d’une fonction d’adulte idéal avec lequel il peut créer
son espace de pouvoir et de liberté. Elle déclenche
la répétition des situations traumatiques et pathologiques
non résolues par le consultant. Enfin, elle permet au consultant
de désinvestir la personne du psychothérapeute pour
accéder à l’autonomie. Le psychothérapeute
respecte l’intégrité et la santé du consultant.
Il respecte inconditionnellement son vécu personnel et ses
valeurs authentiques. Il respecte les résistances du consultant
au processus, considérées comme instruments indispensables
de l’évolution. Le psychothérapeute prend
en compte les images et affects positifs, négatifs ou délirants
que le consultant est amené à porter sur la personne
du psychothérapeute, ses croyances, sa méthode ou
son institution, comme instruments de la démarche engagée.
Le psychothérapeute observe, dans le même temps, le
consultant et lui-même. Il est attentif à ses propres
réactions : affects, rêves, lapsus, actes manqués
etc. Et les considère comme des signifiants utilisables dans
le processus. Cette dimension relationnelle, souvent désignée
par les termes de transfert et contre-transfert, est maniée
différemment selon les écoles.
Comment choisir un psychothérapeute
?
Souvent, c’est un
ami qui vous a recommandé quelqu’un ; ça ne veut pas
dire que cette personne vous conviendra car vous êtes différent
de votre ami, mais vous pouvez tout de même aller voir. Si
lors du premier entretien vous ne vous sentez pas en confiance,
n’hésitez pas à chercher quelqu’un d’autre. Fiez-vous
à votre intuition. Il est en effet nécessaire
de se sentir en confiance. N’hésitez pas à voir plusieurs
psychothérapeutes. Demandez au téléphone combien
coûte le premier entretien : il est souvent à prix
réduit, parfois gratuit. Si vous choisissez sur publicité,
sachez que les vrais professionnels respectueux des règles
d’éthique se soumettent au devoir de réserve dans
le contenu et dans les supports de leur publicité qui doit
être non mensongère, discrète, décente,
respectueuse de la laïcité (c’est-à-dire de toutes
les opinions et croyances) et des valeurs démocratiques,
respectueuse de la spécificité des confrères.
Méfiez-vous des publicités qui allèchent
par de mirifiques promesses de résultats rapides ou qui font
miroiter des mirages ! Si vous ne savez pas à qui vous adresser,
nous vous recommandons l’annuaire des psychothérapeutes titulaires
du SNPPsy, figurant sur le présent site. Les psychothérapeutes
dont vous trouverez les noms présentent des garanties de
formation et d’éthique. Ils ont été agréés
par une Commission de pairs sur des critères sérieux.
Cela ne veut pas dire qu’ils vous conviendront ou qu’ils soient
parfaits, ni que ceux qui appartiennent à d’autres organisations
ne soient pas tout aussi compétents, et il est conseillé
d’en rencontrer plusieurs avant de choisir. Mais vous limiterez
les risques d’erreur ou de charlatanisme en cherchant parmi les
titulaires du SNPPsy.
Quelles garanties a-t-on quand
on cherche un psychothérapeute ?
Le fait est que la
profession n’est pas actuellement réglementée. N’importe
qui peut écrire psychothérapeute ou psychanalyste
sur une plaque, une petite annonce, une publicité ou dans
l’annuaire de France Télécom. C’est pourquoi
le SNPPsy (ou la FFdP) a instauré un processus de titularisation.
Le psychothérapeute titulaire répond à
certains critères de formation et d’éthique, il a
été agréé par une commission de pairs.
Combien coûte une psychothérapie
?
Les prix sont très
variables d’un psychothérapeute à l’autre, en fonction
de ses choix personnels, de sa notoriété, de ses méthodes,
de son statut professionnel, du fait qu’il loue ou non un local,
paie ou non la T.V.A. etc. Sachez qu’un psychothérapeute
professionnel officiellement déclaré en exercice libéral
reverse au moins 50 % de ses recettes en charges sociales, taxes
et frais professionnels et souvent bien davantage. La
tranche moyenne des tarifs les plus fréquemment pratiqués,
pour un psychothérapeute officiellement installé qui
déclare ses revenus, se situe entre 40 et 80 euros la séance
individuelle. C’est un peu moins cher en province et un peu plus
à Paris compte tenu du coût de la vie, et il y a quelques
praticiens qui dépassent ces tarifs moyens en plus ou en
moins. Les séances plus courtes ou plus fréquentes
peuvent être moins chères. La plupart des week-ends
de groupe coûtent de 170 à 230 euros sans les frais
de pension, ou davantage s’ils sont animés par deux psychothérapeutes,
avec là aussi de nombreux cas particuliers qui sortent de
cette moyenne en plus ou en moins. Ces indications tarifaires
ne rendent pas comptes de situations particulières. S'informer.
Le psychothérapeute officiellement installé
accepte le paiement par chèque ; cependant certains psychanalystes
estiment que l’argent qu’on manipule a un sens et préfèrent
qu’on les paie en espèces. Il existe des organismes publics
ou subventionnés comme les Unions départementales
pour la santé mentale (UDSM), les Centres médicaux
psychopédagogiques (CMPP), les hôpitaux psychiatriques
et certains dispensaires, où l’on peut trouver des séances
de psychothérapie dites gratuites, c’est-à-dire payées
par l’argent des contribuables (il est important que le consultant
sache que de toute façon quelqu’un paie). Ces organismes
n’embauchent que des psychologues ou des médecins, dont la
compétence en tant que psychothérapeute dépend
du travail qu’ils ont accompli sur eux-mêmes et de la formation
spécifique en psychothérapie qu’ils ont ou non suivie.
Est-ce remboursé par
la Sécurité sociale ?
Non, la psychothérapie
en exercice libéral ne donne pas lieu à des remboursements
de Sécurité sociale. Toutefois, certains psychiatres
acceptent parfois de délivrer des feuilles de maladie au
titre de consultations, mais vérifiez que le psychiatre est
aussi psychothérapeute, c’est-à-dire qu’il a suivi
un travail de psychothérapie sur lui-même et une formation
spécifique dans une méthode de psychothérapie,
car ce n’est pas toujours le cas.
Pourquoi faut-il payer ?
La justesse du prix
est un des instruments de la psychothérapie autant pour le
consultant que pour le psychothérapeute. En règle
générale, à part les enfants, les adolescents,
les personnes malades physiquement ou mentalement et certains cas
sociaux, le fait de se donner les moyens de pratique une psychothérapie
en payant directement avec l’argent que l’on gagne soi-même,
joue un rôle important dans celle-ci : il contribue à
l’engagement et à la responsabilisation du consultant et
l’aide à passer d’un mode relationnel d’enfant assisté,
de « malade » ou de victime, à celui d’adulte
responsable et socialisé, prenant en charge sa propre évolution
; il minimise le lien de dépendance au psychothérapeute
; il aide à revenir au réel après l’expérience
subjective ou la régression. D’autre part l’argent fait obligation
au psychothérapeute, en même temps qu’il lui en donne
les moyens, de ne pas utiliser le consultant et du psychothérapeute
tout au long de la psychothérapie.
Combien de temps dure une psychothérapie
?
La durée d’une
psychothérapie est extrêmement variable. Cela peut
aller de quelques semaines à de nombreuses années.
Cela dépend de vos besoins, de vos motivations, de vos objectifs,
de votre problématique, de votre structure caractérielle,
de la méthode utilise, de votre assiduité, du rythme
des séances, de la compétence du psychothérapeute
dans votre cas particulier etc. La durée reste
toujours sous votre contrôle : vous avez parfaitement le droit
d’arrêter à tout moment. Si vous vous sentez mieux
et que vous estimez avoir tiré de la psychothérapie
ce que vous en attendiez, c’est un motif valable pour arrêter,
même si votre psychothérapeute ou vous-mêmes
estimez que vous n’êtes pas allé au bout de votre problématique
: vous avez la responsabilité de vos choix. L’arrêt
se fait en général d’un commun accord avec le psychothérapeute.
L’important est de partir en conscience et non en réaction
émotionnelle. Si vous stagnez, si vous paniquez ou si le
psychothérapeute ou la psychothérapie ne vous conviennent
plus, parlez-lui en d’abord, prenez le temps d’analyser d’éventuelles
résistances inconscientes, des projections que vous faites
sur sa personne ou sa méthode et qui sont une manière
de ne pas vous confronter à une problématique difficile.
En effet, toute psychothérapie passe par des moments de résistance
et de transfert négatif sur la personne du psychothérapeute
ou sur la psychothérapie elle-même. Ce n’est qu’après
ce temps d’analyse que vous pourrez alors choisir de partir ou de
continuer avec une véritable liberté. Des
psychothérapeutes ont observé que certaines personnes
fonctionnaient avec une ou plusieurs « tranches » d’environ
trois ans. Supprimer un symptôme ou l’assumer et ne plus en
souffrir peut être beaucoup plus rapide, surtout avec les
méthodes comportementales. Aller au bout d’une psychothérapie
c’est-à-dire avoir exploré et réglé
ou réorganisé l’essentiel de sa problématique
inconsciente, être capable d’assumer pleinement son autonomie
dans la vie et ne plus avoir besoin de fantasmes ou de névrose
pour masquer ses manques, peut prendre entre trois et dix ans, voire
davantage si vous souffrez d’une problématique particulièrement
difficile.
Combien de temps dure une séance
? À quel rythme sont les séances ?
Cela dépend
des méthodes. En général les séances
durent de quelques minutes à une heure. Mais il y a des séances
de trente minutes et d’autres d’une heure et demie ou davantage,
sans parler des séances de groupe qui peuvent se passer pendant
tout un week-end, ou des stages de plusieurs jours. Selon les méthodes,
il peut y avoir plusieurs séances par semaine, une seule
ou une tous les quinze jours, ou une séance de groupe par
mois. Le rythme dépend à la fois de la méthode
et de ce que vous pouvez négocier avec le psychothérapeute
en fonction de vos objectifs et de vos moyens. Il est certain que
plus on s’engage et s’implique, plus on a de chances d’aboutir.
Que peut-on attendre de la psychothérapie
?
La psychothérapie
apaise le mal-être et modifie la relation à soi-même
et aux autres. Elle apporte une connaissance de soi et d’autrui
plus profonde et plus fine, et une meilleure compréhension
des phénomènes psychologiques, émotionnels
et somatiques. Elle libère et stimule le processus de développement
personnel. Elle conduit à prendre la pleine responsabilité
de soi dans tous les aspects de sa vie. À travers
cela, elle dégage l’espace et les limites de son pouvoir
personnel et de sa liberté. Elle développe le sens
du réel et l’estime de soi tel que l’on est, par l’acceptation
de ses manques et le renoncement à ses fantasmes compensateurs.
Elle facilite l’aptitude à communiquer et à aimer.
Y a-t-il des échecs ?
Oui, il peut y avoir
des échecs. Sans compter que mettre son psy en échec
peut constituer une expérience significative… La question
de l'échec et de la réussite est plus complexe qu'il
n'y paraît. Cela dit, la psychothérapie fonctionne
bien avec des personnes en mesure d’assumer physiquement et mentalement
un contrat et une alliance relationnelle, qui peuvent prendre une
certaine distance et responsabilité d’elles-mêmes,
et ne se contentent pas d'attribuer indéfiniment tous leurs
malheurs à autrui. Le succès - au sens simple
du terme - d’une psychothérapie dépend essentiellement
de l’engagement, de la sincérité et des motivations
réelles de la personne qui entreprend la démarche.
Il dépend aussi de sa persévérance : il arrive
qu’on ait envie d’arrêter juste avant d’aborder une problématique
plus difficile ou plus inconsciente. Il dépend aussi de la
qualité d’être, du niveau d’individuation atteint,
de la compétence professionnelle du psychothérapeute.
Les méthodes utilisées ont aussi une certaine importance
dans la mesure où elles sont plus ou moins adaptées
à chaque personne. Les résultats dépendent
enfin de la justesse des indications : dans certains cas, la psychothérapie
doit être complétée de soins sociaux, éducatifs,
médicaux ou psychiatriques. Enfin ne pas oublier
qu'une psychothérapie constitue une aventure personnelle,
dans le cadre d'une rencontre et d'une relation, et qu'une aventure
sans surprises risquerait n'en serait plus une.
La psychothérapie peut-elle
présenter des dangers ?
La psychothérapie
confronte au risque de vivre. Elle peut quelquefois entraîner
des moments de déstabilisation de la personne qui peuvent
éventuellement se répercuter dans son couple, sa vie
sociale et professionnelle, sa santé mentale ou physique.
Pour réussir, la psychothérapie nécessite la
compétence, le discernement, la prudence et l’éthique
du psychothérapeute ainsi que l’engagement sincère
du consultant. Si ces conditions ne sont pas réunies,
la psychothérapie est le plus souvent simplement inopérante,
mais parfois aggravante : il y a risque de leurre et d’imposture
avec la constitution possible d’un « faux moi » illusoire,
un renforcement éventuel de la pathologie ou une cristallisation
des résistances psychiques. Dans les cas graves
de pathologies physiques ou mentales, elle ne peut que s’inscrire
en complément de soins médicaux. La psychothérapie
n’est ni magique ni toute-puissante, elle a ses limites.
Comment se déroule le
premier entretien ?
L’initiative du premier
contact revient obligatoirement au demandeur directement auprès
du psychothérapeute (téléphone, courrier, visite,
secrétariat). À ce stade, le psychothérapeute
n’est pas tenu d’accepter un rendez-vous. Le processus
psychothérapeutique ne peut s’engager tant que la demande
personnelle du consultant n’est pas identifiée. C’est le
but du ou des premiers entretiens. Il appartient au psychothérapeute
d’apprécier s’il est ou non en présence d’une demande
de psychothérapie et s’il est ou non en mesure de la traiter.
S’il reconnaît à l’issue du premier entretien la nécessité
d’une psychothérapie mais ne juge pas opportun d’accepter
la personne qui désire entreprendre la démarche, le
psychothérapeute, à ce stade, est tenu de l’adresser
à un ou plusieurs de ses confrères. C’est le cas notamment
si son planning ne lui permet pas de le prendre, s’il n’est pas
intéressé par le cas, s’il prévoit qu’il risquerait
d’être trop atteint personnellement dans son contre-transfert,
s’il estime que le consultant pourrait tirer davantage bénéfice
d’une autre méthode ou de la personnalité ou de l’expérience
d’un confrère. Si le consultant refuse le conseil du psychothérapeute,
celui-ci n’est plus tenu de l’adresser à d’autres confrères.
Le psychothérapeute doit s’assurer que le consultant
n’est pas actuellement déjà engagé dans un
processus psychothérapeutique. Dans ce cas, il devra analyser
avec le consultant les raisons de la difficulté qui a surgi
avec son prédécesseur. Le premier entretien
peut être suivi d’autres entretiens avant la mise en place
d’un engagement. Le psychothérapeute est en droit de proposer
une série de consultations, un délai d’attente ou
une période de travail probatoire. C’est lui qui en fixe
les modalités (durée, fréquence, prix). S’il
détecte la probabilité d’un problème ou d’un
risque d’ordre médical, il doit demander au consultant de
rencontrer un médecin ou de se faire prendre en charge par
une structure médicale s’il y a lieu. Le psychothérapeute
considère comme légitime à ce stade toute question
du consultant concernant sa psychothérapie personnelle, son
cursus, sa formation, sa supervision, les méthodes qu’il
utilise et ses positions théoriques. Il fournit toute information
demandée sur ces sujets. Chacun choisit de s’engager ou non
dans un contrat psychothérapeutique après cet entretien
ou ce travail probatoire.
Qu’est-ce qu’un contrat psychothérapeutique
?
Le psychothérapeute
propose un protocole. Il définit les règles de comportement
qu’il préconise pour la psychothérapie. Il informe
le consultant des exigences qu’il pose. Ces dispositions doivent
être compatibles avec la sécurité morale et
matérielle du consultant et de ses proches. Leur but est
de créer et de préserver le cadre et l’espace thérapeutiques,
elles ne peuvent donc être arbitraires et doivent s’inscrire
dans le système de références théoriques
dont se réclame le psychothérapeute. Le psychothérapeute
s’assure de leur bonne compréhension et restera vigilant
à l’égard des oublis, des interprétations déformantes
ou des volte-face possibles. Le psychothérapeute
informe le consultant de ses exigences en matière d’honoraires,
de fréquence et de durée des séances ou de
la participation aux groupes. Il précise quelles sont les
obligations matérielles et morales du consultant, de même
que les classes de rupture de contrat et de cessation ou d’interruption
de la thérapie. Il précise dans quelles conditions
les honoraires sont dus, même si le consultant a manqué
la séance, le principe général étant
que, sauf accord particulier, toute séance manquée
est due. Le contrat s’arrête normalement d’un commun
accord quand les objectifs sont atteints. Le psychothérapeute
ne peut rompre le contrat unilatéralement, sauf en cas de
force majeure ou si le consultant transgresse gravement l’un des
termes du contrat. Il peut cependant conseiller un autre confrère
ou une autre méthode s’il le juge bénéfique
pour le consultant ou s’il s’estime incompétent dans ce cas
particulier.
Qu’est-ce que le cadre de la
psychothérapie ?
Le cadre de la psychothérapie
est constitué par le lieu, les conditions matérielles,
les règles établies lors du contrat psychothérapeutique,
les méthodes utilisées, les références
théoriques du psychothérapeute, son éthique.
La stabilité et la pertinence du cadre par rapport aux objectifs
psychothérapiques sont essentielles au fonctionnement même
de la psychothérapie. Le cadre est sécurisant et structurant.
Il permet, sans dommages pour le consultant, de s’exprimer librement
ou d’expérimenter des états régressifs, des
comportements et des états de conscience nouveaux, ou de
favoriser la prise de conscience des aspects inconnus de lui-même
et de sa vérité. Toute modification du cadre doit
faire l’objet d’un nouveau contrat exempt de toute disposition aliénante
ou abusive.
Qu’est-ce qui fait la qualité
d’un psychothérapeute ?
La qualité
du psychothérapeute est définie par : - un niveau
d’individuation qui résulte d’un travail sur soi approfondi,
- une compétence professionnelle acquise par une formation
pratique spécialisée à la psychothérapie,
- un questionnement permanent de sa pratique à travers
une supervision. Le psychothérapeute s’inscrit
dans une culture psychologique en reconnaissant ses filiations théoriques
et méthodologiques, tout en se faisant artisan de sa propre
autonomie : il se réfère également à
son expérience, sa sensibilité, ses valeurs. Le psychothérapeute
a acquis une culture élaborée et spécifique
dans le domaine des sciences humaines.
Le psychothérapeute
est reconnu par une organisation de pairs. Le psychothérapeute
se soumet à une éthique professionnelle ; cette éthique
est définie par le code de déontologie de l’organisation
à laquelle il appartient (celui du SNPPsy constitue une référence
dans la profession). Lors du premier entretien, n’hésitez
pas à poser des questions au psychothérapeute sur
sa formation, son éthique, sa supervision, son groupe d’appartenance,
etc.
Comment devient-on psychothérapeute
?
Il faut d’abord avoir suivi
une psychothérapie personnelle suffisamment approfondie pour
un professionnel, puis une formation pratique et théorique
distincte de la psychothérapie, puis s’engager dans une
supervision de sa pratique. Il faut aussi respecter le code
de déontologie des psychothérapeutes. On
peut alors se faire reconnaître par ses pairs (syndicat professionnel,
école ou association).
Les diplômes des écoles
de psychothérapeutes sont-ils reconnus ?
La profession de
psychothérapeute n’est pas actuellement
réglementée, mais seulement autoréglementée,
à preuve le présent document. La question est à
l'ordre du jour. Il n'y a actuellement pas de diplôme reconnu
par l’État. Le SNPPsy
milite pour la reconnaissance par les Cinq points, dont vous trouverez
la référence sur le présent site.
Jusqu'à aujourd'hui n’importe qui peut
théoriquement s’installer en exercice
libéral et s'autoproclamer psychothérapeute à
condition de payer la TVA - dont il peut toutefois être dispensé
s’il est par ailleurs
médecin ou psychologue clinicien et se déclare comme
tel. Un autoproclamé n'a rien à voir avec un autoréglementé,
dont une organisation professionnelle responsable (contrôlez
ce qu'on vous déclare, en nous consultant si nécessaire)
garantit la compétence et la qualité du travail, et
accueillerait vos procédures de plainte devant une Commission
de déontologie à seule juridiction professionnelle
(conseil, sanctions internes). Mieux vaut vérifier au départ
à qui vous avez affaire. De même, il faut
le concours d’internat de psychiatrie
ou un DESS de psychologie clinique si l’on veut être
embauché dans un établissement public comme salarié,
où l’on peut alors exercer
la psychothérapie, bien que la formation conduisant à
ces diplômes ne prépare pas à l’exercice de cette
fonction. Il y faut cinq années supplémentaires, accompagnées
de très nombreuses années de psychothérapie
ou psychanalyse personnelle.
Le SNPPsy depuis
sa création, puis tout un mouvement professionnel, regroupé
dans l'actuelle Coordination psy, travaille à faire modifier
cet état de fait, et reconnaître le titre de psychothérapeute.
Les diplômes ou certificats des écoles de psychothérapie
sanctionnent donc une formation (un cinquième des Cinq points
exigés par le SNPPsy et l'AFFOP), dont la valeur dépend
des exigences préalables lors du recrutement des candidats,
et de la qualité pédagogique de cette école.
Ils n'ont jusqu'à présent qu'une valeur autoréglementaire,
non négligeable toutefois, mais non reconnue par les institutions
de Santé publique, tant que la profession de psychothérapeute
n’est pas réglementée.
Toutefois, les écoles agréées par
le SNPPsy ou par l'AFFOP, constituent une référence
autoréglementaire respectée dans la profession. Le
SNPPsy pour sa part accorde un label de reconnaissance à
une dizaine d'écoles répondant à un cahier
des charges exigeant. Il délivre aussi le titre de titulaire
didacticien à ceux qui ont acquis l’aptitude à
transmettre la qualité d’être du psychothérapeute
dans les formations, supervisions et écrits, et qui se présentent
à une Commission de titularisation du syndicat qui les a
agréés. La liste des écoles agréées
par le SNPPsy et l'AFFOP ainsi que des titulaires praticiens ou
didacticiens figure sur le présent site.
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