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4 HONTE ET CULPABILITÉ |
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La lumière ne peut venir que des ténèbres assumées.
A. de SOUZENELLE
La honte est très souvent masquée par d’autres sentiments, comme la rage, la colère, la haine, la culpabilité. En particulier elle est très souvent confondue avec la culpabilité.
Il est donc essentiel de faire la différence entre la honte et la culpabilité, tout en sachant que très souvent la culpabilité est également présente chez ceux qui éprouvent le sentiment de honte.
Pour
la psychanalyse, «
la culpabilité est du registre des rapports entre le Surmoi et le Moi.
Ce dernier est pris en faute, parce qu’il a mal agi, ou parce qu’il est tenté
de succomber à un désir interdit. La honte est du registre des
relations entre l’Idéal du moi, le Moi idéal et le Moi. Ce dernier
n’est pas à la hauteur des exigences de
l’Idéal. Ce qui engendre le sentiment d’infériorité: je
suis nul, et la dépression: je ne vaux rien. La partie idéalisée
du Moi s’effondre, provocant un puissant sentiment de dévalorisation.
»
( DE
GAULEJAC V., Les sources de la honte, Desclée de Brouwer, Paris, 1996)
La
culpabilité résulte du fait d’avoir agressé le territoire
d’autrui et donc limite
l’action. La honte concerne une particularité
de notre être et préserve ainsi notre identité, nos limites.
La culpabilité est toujours liée à une transgression morale, alors que la honte peut être également liée à un échec, une déception.
A la différence de la culpabilité, qui porte sur les conditions d’un désir (désirer de manière illicite ou hors de propos), la honte porte sur la légitimité même du désir. L’absence de légitimité du désir fait courir le risque de la menace d’être exclu de la communauté.
Dans la culpabilité la décharge de cette émotion est possible, tandis que dans la honte toute décharge d’émotion est bloquée, inhibée.
La culpabilité peut être confiée pour être expiée (confession des fautes, réparation), la honte est indicible, elle ne peut être que niée, dissimulée.
Dans la honte, il est important de mettre l’accent sur le phénomène projectif. Le sujet honteux, ne se sent non seulement nul et inadéquat, car il ne peut satisfaire à son idéal, mais il projette cet idéal de toute puissance. C’est ainsi que le sujet honteux peut se sentir transpercé par le regard d’un autre tout puissant, d’où la différence avec la culpabilité que l’on peut cacher.
La honte n’existe qu’en présence d’un tiers honnisseur, ce qui implique que la présence de l’autre est dangereuse, car susceptible de réactiver l’éprouvé de la honte.