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7c L'intériorisation de la honte |
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Nous avons abordé la complexité de la honte au travers du chapitre III et nous avons pu constater comment la honte intériorisée se constituait au fil du temps et du développement de la personne. La honte intériorisée se développe en particulier, au travers de ce que l’on peut considérer comme ses principales caractéristiques, qui sont :
L’illégitimité
La défaillance parentale
L’infériorité
La violence
Le déchirement
La déchéance
Le non-dit
L’inhibition
Nous
avons vu comment elle représente un affect éminemment social,
qui nécessite obligatoirement la présence de l’autre dans le champ
organisme-environnement, de cet autre : le tiers honnisseur.
Nous
avons constaté aussi qu’elle se transmet de générations
en générations, de manière inconsciente par le mécanisme
de transmission propre au secret.
Nous
avons constaté que la honte intériorisée, faisait appel
à une construction autour de difficultés psycho-affectives, psycho-sexuelles
et psycho-sociales.
Maintenant,
après avoir rappelé ces différentes composantes, il me
semble important d’effectuer le lien avec la théorie de la Gestalt et
de voir comment cette honte intériorisée peut être appréhendée
par cette approche.
Ma principale
hypothèse est que l’intériorisation de la honte s’effectue dans
le temps et autour de dilemmes de contact très particuliers.
Dilemme
de contact, où le champ se compose d’une telle manière, que l’expérience
est à la fois indispensable et inassimilable. La seule solution à
ce dilemme de contact consiste à introjecter l’expérience pour
pouvoir garder l’indispensable sans avoir l’intolérable. Cette
expérience de contact est évidemment interrompue et inachevée.
Si
nous reprenons les différentes caractéristiques de la honte intériorisée,
nous constatons :
Pour l’illégitimité :
L’existence
du sujet est récusée : Expérience inassimilable et indispensable
(l’enfant a un besoin inconditionnel de l’amour de ses parents).
Pour la défaillance
parentale :
L’effondrement d’une image parentale
idéalisée : Expérience inassimilable et indispensable (l’enfant
a un besoin inconditionnel de l’amour de ses parents).
Pour l’infériorité
:
Enraciné
dans le sentiment d’être différent des autres : Expérience
inassimilable et indispensable (l’enfant a un besoin d’être reconnu dans
sa différence, mais ne peut accueillir la condamnation de cette différence).
Pour
la violence:
Par la violence l’enfant est confronté
à une invalidation fondamentale, il est fondamentalement insatisfaisant
ou inadéquat : Expérience inassimilable et indispensable (l’enfant
a un besoin inconditionnel de l’amour de ses parents).
Pour le déchirement
:
Cela
serait l’expérience inassimilable et indispensable type :(l’enfant est
confronté à un paradoxe, une double contrainte qui ne peut avoir
de solution).
Pour la déchéance :
L’enfant
confronté aux humiliations de par ses proches, de par son entourage :
Expérience inassimilable et indispensable (l’enfant a un besoin inconditionnel
de relation avec son environnement).
Pour le non-dit :
L’impossibilité
de dire, de dénoncer les humiliations dont il est victime : Expérience
inassimilable et indispensable (l’enfant ne peut dénoncer la règle
du secret, et il ne peut dire).
Toutes les principales caractéristiques de la honte intériorisée, énoncée ci-dessus renvoient à des dilemmes de contact où l’expérience de contact est indispensable et inassimilable par l’enfant.
Toutes ces situations inachevées particulières créent des micro-champs introjectés et l’ensemble de ces micro-champs forme un champ introjecté.
Il me semble qu’au cours du développement de la honte intériorisée, se construit un champ introjecté particulier, qui serait un amalgame de micro-champs introjectés particuliers : de ceux qui correspondent aux domaines psycho-affectil, psycho-sexuel, psycho-social.
Ce champ introjecté, multidimentionnel, est à mon avis si important pour le sujet habité par la honte, qu’il contamine toutes les émergences du Ça.
L’énergie
de ces situations inachevées est telle, que ces situations inachevées
recherchent impérativement à se compléter. Pour ce faire,
la fonction Je recherche, à son insu, des configurations dans le champ
susceptible de les satisfaire. La fonction Je peut également, et toujours
à son insu, agir pour amener l’environnement à une configuration
conforme à la projection.
Quand
ces opérations réussissent, le Self peut ré-introjecter
cette expérience particulière de contact indispensable et intolérable.
Ce qui renforce le micro-champ introjecté et sa nécessité
de se réactualiser.
Ce mécanisme symbolise très bien comment et pourquoi le sujet habité par la honte reproduit, à l’extérieur, ce qu’il porte en lui. Comment il est l’expression dans sa vie, d’une intention profonde, qui reconnaît dans le monde ce qui lui ressemble.
Pour finir, il me semble donc particulièrement important de souligner l’importance du phénomène projectif chez les personnes habitées par la honte, car effectivement, c’est leur manière de reproduire ce qu’elles déplorent le plus.
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