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7d Honte et confluence |
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La Confluence :
«
La confluence, c’est l’état de non-contact (absence de frontière
du self), bien que d’autres interactions importantes continuent à se
produire : par exemple, le fonctionnement physiologique, la stimulation environnementale,
etc. Nous avons vu que la séquelle du contact, l’assimilation, se faisait
avec une diminution de la présence du self et que toutes les habitudes
et connaissances étaient confluantes. La distinction entre le confluence
saine et la confluence névrotique, c’est que la première est potentiellement
sujette à contact ( souvenir accessible), tandis que la seconde n’est
plus susceptible d’être contactée à cause du refoulement.
Il est évident , pourtant, que d’immenses aires de confluence relativement
permanente sont indispensables pour servir de fond inconscient aux fonds conscients
de l’expérience. Nous sommes confluents avec tout ce dont nous dépendons
fondamentalement, irrémédiablement, et sans problème :
lorsqu’il n’y a pas de besoin ou de possibilité de changement. L’enfant
est en confluence avec sa famille, un adulte avec sa communauté, un homme
avec l’univers. Si l’on est forcé de prendre conscience de ces bases
ultimes de sécurité, tout s’écroule et l’angoisse ressentie
est métaphysique. » (PERLS (F.),
HEFFERLINE (R.E.), GOODMAN (P.), Gestalt thérapie, Vers une théorie
du Self: nouveauté, excitation, croissance, Montréal, Stanké,
1981).
La
confluence renvoie à une situation de non-contact, à l’indifférenciation
de la figure et du fond. La rupture de la confluence, implique l’émergence
d’une figure de contact et la différenciation de la figure par rapport
au fond mobilisable.
La confluence saine est susceptible de permettre
le contact à partir d’un fond accessible, mobilisable grâce à
l’awareness. (Elle correspond à un minimum d’ouverture de frontière
contact en début de cycle).
La confluence pathologique
ne permet pas l’accessibilité
au fond compte tenu du refoulement selon Perls et Goodman.
Ce fond inaccessible à la conscience serait le champ introjecté de Gilles Delisle, composé de tous les micro-champs introjectés (résidu des situations inachevées).
Perls
et Goodman, insistent sur la présence d’immenses aires de confluences
indispensables : L’enfant avec sa famille, l’adulte avec sa communauté,
l’homme avec l’univers...
Il est
important de mettre l’accent sur la nécessité de ces aires de
confluence qui sont présentes dans tout processus de contact, car elle
sont les arrières plans indispensables de la construction d’une figure
de contact. Ces arrières plans sont essentiels, car ces aires de confluence
sont en quelque sorte la base contenante de l’identité du sujet. Perls
et Goodman énoncent d’ailleurs que se sont des bases ultimes de sécurité.
Noël
K. Salathé (SALATHE
N.K., Psychothérapie existentielle, IPGE, Genève, 1995) a défini trois
types de confluence qui entravent le bon déploiement du self :
Confluence 1 : Celle qui consiste à refuser de sortir du retrait,
de rester dans un état indifférencié où la frontière
contact est peu perçue, où il n’y a pas de représentation
nette de ce qui est moi et non-moi.
Confluence 2 : Celle qui consiste à la mise en conformité
de son désir avec celui de l’autre, il y a confusion des désirs.
Confluence 3 : Celle qui amène à refuser la séparation,
à refuser de lâcher prise, et à de clore après l’accomplissement.
La Honte :
La
honte, chez les personnes qui sont habitées par ce sentiment, nous renvoie
comme cela a été précisé au chapitre 4 à
des caractéristiques communes. Ces caractéristiques correspondent
à des intériorisations structurantes d’événements
biographiques vécus.
Les
différentes formes de micro-champs introjectés ont très
souvent les caractéristiques suivantes :
L’illégitimité
La défaillance parentale
L’infériorité
La violence
Le déchirement
La déchéance
Le non-dit
L’inhibition
Ces différents micro-champs introjectés s’infiltrent dans les émergences et entravent le bon déploiement du self. Ils correspondent à des situations inachevées qui cherchent à se compléter. Ils possèdent une énergie propre et exercent une pression sur le processus de formation des figures.
Ces situations inachevées particulières, où un élément du champ était indispensable et non seulement intolérable, conduisent la fonction Je à rechercher, à reproduire ce genre de situation, et à favoriser les émergences du ça qui confirmeraient la configuration initiale du champ introjecté.
Il
est essentiel de préciser que les caractéristiques des micro-champs
introjectés, propre à l’intériorisation de la honte, font
appel à des aires de confluence que Perls et Goodman considèrent
comme particulièrement importantes : l’enfant avec sa famille, l’adulte
avec sa communauté ...
En
effet, ce sont essentiellement ces aires qui ont été atteintes
par les processus d’intériorisation de la honte : honte de soi, honte
des parents, honte de sa famille, honte de son groupe d’appartenance (social,
culturel, religieux...).
Par ailleurs, le processus d’intériorisation de la honte n’existe obligatoirement qu’en présence de tiers honnisseurs, qu’il soit individus ou groupes.
Nous essayerons de comprendre comment, pour le personnes habitées par la honte, la confluence joue un rôle essentiel dans les perturbations des cycles de contact.
Pour la Confluence 1 :
Elle correspond à la phase d’émergence et nous avons vu que les émergences étaient contaminées par des micro-champs introjectés. La fonction Je qui recherche de manière pathologique à reproduire une situation analogue à celle qui a préfiguré lors de la constitution du micro-champs introjecté, va favoriser l’émergence d’une figure où un élément du champ est à la fois indispensable et intolérable.
L’émergence
soudaine d’une figure correspondante à un micro-champ introjecté,
source de honte et de très grande souffrance va occasionner une rupture
brutale de la confluence.
Cette
rupture violente de la confluence nécessiterait un ajustement créateur
extrêmement rapide.
Mais
cet ajustement créateur, tant nécessaire, ne peut se réaliser
à mon sens, car il faudrait que le déploiement du self puisse
s’appuyer sur des aires de confluence garantissant l’identité du sujet,
alors que ce sont ces mêmes aires de confluence qui sont rompues (l’enfant
avec sa famille, l’adulte avec sa communauté ...).
Cette
rupture violente de la confluence renvoie au phénomène de confusion
et d’anéantissement, propre au vécu de la honte, et donc à
une forme de confluence encore plus importante où toute émergence
est devenue extrêmement dangereuse.
Phénomène
paradoxal, où le sujet habité par la honte refuse de sortir du
retrait et de prendre conscience d’un nouveau désir, mais où les
micro-champs introjectés usent de leur énergie propre pour contaminer
des émergences qui seront à nouveau source de honte.
C’est
comme s’il était en manque de honte !
Pour la Confluence 2 :
Elle correspond à la phase de prise de contact et elle aboutit à la confusion de son désir avec celui de l’autre.
Comme nous l’avons vu pour le phénomène vécu dans la confluence 1, L’émergence d’un vécu de honte, la soudaineté de l’événement et la brutalité du traumatisme font que la nécessité de la mise en oeuvre d’un ajustement créateur rapide, ne peut s’appuyer sur des aires de confluence saine avec des groupes d’appartenances, qui jouent le rôle de fonction contenante de l’identité.
Cette irruption du traumatisme aboutit à une rupture brutale de la confluence avec des parties contenantes indispensables, et porte le risque d’instauration rapide (comme aménagement indispensable et immédiat) d’une confluence avec un autre, considéré comme contenant de ses parties clivées et comme contenu, donnant sens à l’expérience vécue à la frontière contact.
En particulier, ce processus se rencontre fréquemment chez les enfants victimes de violences, qui peuvent devenir parfois complices d’un comportement non désiré, dans une dépendance totale à l’adulte.
Pour la Confluence
3 :
Elle
correspond au refus de la séparation
Nous
avons vu, combien le sujet honteux était atteint dans ses aires de confluence
saine qui jouent le rôle de fonction contenante de son identité.
Perls et Goodman écrivent :
«L’enfant
est en confluence avec sa famille, un adulte avec sa communauté, un homme
avec l’univers. Si l’on est forcé de prendre conscience de ces
bases ultimes de sécurité, tout s’écroule et l’angoisse
ressentie est métaphysique .» (PERLS
(F.), HEFFERLINE (R.E.), GOODMAN (P.), Gestalt thérapie, Vers une théorie
du Self: nouveauté, excitation, croissance, Montréal, Stanké,
1981).
Quand
le sujet honteux effectue l’expérience du contact, cette expérience
de confluence saine revêt pour lui une telle importance (comme fonction
contenante) qu’il tente par tout les moyens de la prolonger et d’en éviter
la clôture. Retrait où de nouveau il devra assumer le risque de
vivre d’autres émergences, infiltrées par des micro-champs introjectés,
qui peuvent renouveler l’expérience très douloureuse du vécu
de la honte.
Cette impossibilité
du retrait, le prive de toute possibilité d’assimilation des expérience
de contact positif.
l’angoisse
de la Confluence :
Nous
avons vu comment la confluence concerne le sujet honteux et combien les aires
de confluence saine indispensables comme fonctions contenantes (se trouvant
à l’arrière plan de tout processus de contact) sont fragilisées.
Les émergences infiltrées
par des micro-champs intériorisés aboutissent fréquemment
à des ruptures de confluence qui donnent naissance au sentiment d’anéantissement,
de confusion, de vide. Ces expériences d’une forme de confluence, sans
aucune ouverture sur un possible espace commun de complicité indispensable,
sont extrêmement douloureuses et donc très dangereuses pour celui
qui les rencontre.
D’ou
une nouvelle difficulté pour le sujet honteux : celle qui se caractérise
par l’angoisse du plein contact, comme expérience particulière
où il n’y a plus de contrôle du jeu figure/fond, où le fond
disponible disparaît dans une formation unifiante figure/fond. C’est une
configuration particulière de la confluence, différente de celle
du pré-contact, qui se caractérise par la capacité de relâcher
l’accessibilité du fond pour se consacrer à la figure unifiée.
Cette difficulté se caractérise
par l’interruption du cycle de contact au moment de relâchement indispensable,
à l’entrée dans le plein contact.
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