hc

 

 

ACCUEIL

 

 

La Gestalt

Honte et Gestalt

Créativité et Gestalt

La Sculpture

Mes activités

Bibliographie

Code de Déontologie

Contact avec le Gestalt-thérapeute

Les Organismes

Les liens

 

 

 7e Honte et cycle de l'expérience

 

 

Le cycle de l’expérience, cycle du contact, cycle de formation destruction d’une gestalt, c’est le cycle de satisfaction des besoins. Il décrit les différentes phases de ce processus qui correspond à l’émergence d’un besoin, de comment il se développe, trouve satisfaction, et de comment il s’estompe pour laisser place à l’émergence d’un nouveau besoin.
       D’un fond constitué par organisme-environnement émerge progressivement une figure (une gestalt), qui se forme, se déploie, puis s’estompe et se retire dans un ensemble forme-fond.
       Ce fonctionnement, qui est idéal quand il correspond à un fonctionnement sain de par sa fluidité , est gravement perturbé chez les personnes qui ont intériorisé la honte.
       Afin d’essayer de décrire comment, à mon sens, ce déroulement est perturbé, j’aurai recours à différentes représentations du cycle et en particulier à celles de Serge Ginger et d’Edward Smith.

       A ce stade, il m’est nécessaire de distinguer deux grands types de personnes concernées par le vécu de la honte : celles qui ont intériorisé la honte et celles qui ont créé des aménagements à des vécus de honte.
       En effet, nous verrons comment les évitements et les interruptions du contact s’expriment, en partie d’une manière différente.

       Par ailleurs, je suis nécessairement obligé de signifier que cette tentative de théorisation est limitative, car mon expérience personnelle me montre que la réalité vécue est d’une toute autre complexité (qui ne peut donc toujours être vérifiée par cette tentative d’explication).

       Avant d’aborder le lieu des interruptions et évitements du contact, il me semble important de citer le pourquoi et donc de rappeler que mon hypothèse principale est que la honte intériorisée s’enracine dans des expériences très précoces dans la vie de l’enfant (introjection précoce et structurante d’un élément du champ, à la fois inassimilable et indispensable à la survie) et que la honte intériorisée se constitue au fur et mesure du développement comme un amalgame de micro-champs intériorisés.
       Micro-champs intériorisés caractérisés par leurs appartenances aux domaines psycho-affectif, pscho-sexuel, et psycho-social.

       Nous avons vu que la honte s’exprime le plus souvent à travers des caractéristiques telles que :

l’impuissance,
l’inhibition de l’action,
le sentiment de déchéance,
la perte du sentiment d’identité,
la perte de l’estime de soi.

       et qu’elle renvoie à des vécus :

d’anéantissement,
de confusion,
de vide,

       de ces constatations nous pouvons imaginer et vérifier que c’est la première phase du cycle de contact qui est concernée par les interruptions les plus fréquentes. La phase correspondante à l’émergence du besoin, du désir, et de l’awareness, correspondant à l’excitation et à l’émotion.

       Pour décrire les interruptions de cette première phase du cycle de contact, j’utiliserai le cycle de contact défini par Edward Smith ( Figure N° 4 ci-dessous) car c’est pour moi, l’illustration du début de cycle qui symbolise le mieux les phénomènes que j’observe dans ma pratique de travailleur social.

 

Figure N° 4

       Le mode de fonctionnement de cette première phase du cycle de contact correspond au registre du Ça et comprend les phases d’émergence du besoin, d’excitation, et d’émotion. Les étapes d’excitation et d’émotion correspondent à la phase d’awareness.

       Pour ce qui concerne la honte vécue par des personnes susceptibles d’aménagements :

       L’interruption la plus fréquente se situe juste avant la phase d’action et s’illustre très bien par l’évitement de l’action caractéristique du phénomène d’érythrophobie.

       La honte étant un affect social, elle ne peut être vécue qu’en présence d’un tiers.
En présence de ce tiers dans l’environnement, se présente l’émergence d’un besoin (ça m’arrive), et la prise de conscience (awareness) de l’excitation et de l’émotion vécues. Cette prise de conscience renvoie à une expérience de contact correspondante à un micro-champ introjecté.
       Cette expérience passée (micro-champ introjecté) est projetée
(La projection est l’envers de l’introjection, c’est attribuer à l’extérieur, l’environnement, ce qui nous appartient. Dans la projection, l’environnement est rendu responsable de ce qui a son origine dans le sujet. Le sujet perçoit l’environnement, non dans sa réalité, mais dans ce qu’il imagine.) sur la ou les personnes présentes dans l’environnement, personnes, qui représentent à ce moment le tiers honnisseur.

       Cette irruption violente d’une émotion intolérable annihile toute possibilité d’exprimer directement de l’agressivité vers l’environnement ici-présent.
       Cette agressivité est rétrofléchie
(La rétroflexion consiste en un évitement de l’interaction, à retourner contre soi l’énergie mobilisée. La personne substitue à l’environnement une partie d’elle-même.) , et l’énergie disponible s’exprime par le rougissement de la peau sur des zones corporelles très souvent observables par le tiers ici-présent.
       Cette manière d’utiliser l’énergie correspondante à l’émergence de ce besoin correspond à la combinaison d’une rétroflexion, et d’une déflexion.
(La déflexion permet d’éviter le contact direct, de réduire son intensité. C’est un mécanisme d’évitement, de déviation, de diversion.) 
       En effet, le rougissement d’une zone corporelle visible exprime, malgré tout et de manière détournée, une partie de ce qui n’a pu être orienté vers l’environnement.

       Ce processus d’évitement de l’action est extrêmement présent dans toutes les formes d’aménagement de la honte, L’agressivité ne peut être exprimée directement, elle est détournée et c’est une combinaison de rétroflexion et de déflexion qui atténue l’intensité du contact, mais qui permet néanmoins à une partie de l’énergie de s’écouler vers l’extérieur, l’environnement

       Pour ce qui est des sujets qui ont intériorisé la honte :
       
Les mécanismes d’interruption dans la phase de pré-contact sont d’une tout autre nature.

       En effet, ils s’apparentent pour moi à des mécanismes d’urgence qui se traduisent par une inhibition extrêmement importante. Inhibition qui aboutit au retrait du champ.
       Ce retrait très rapide s’accompagne de modifications de la conscience et du phénomène d’anéantissement, de confusion, de vide si fréquemment décrit par ceux qui sont habités par la honte.
       En fait il ne peut y avoir de prise de conscience de l’émotion, tant celle-ci fait irruption de manière violente. Le sujet n’a d’autre recours que le retrait total du champ. Solution extrême de fuite qui le protège du vécu d’une émotion intolérable.

       Cet épisode de retrait se situe juste au moment de la prise de conscience de l’émotion. Entre l’évitement de l’émotion et l’évitement de l’action illustrés par la représentation du cycle d’Edward Smith. Mécanisme tracé en rouge sur la Figure N° 5  ci-dessous.

    
Figure N° 5

       La violence de ce mécanisme est telle, que son renouvellement fréquent amène le sujet à accumuler des Gestalts inachevées et à réduire encore plus son seuil de tolérance à l’angoisse.

       Ce renouvellement d’échec et le cycle du contact vécu de cette manière est inassimilable par la personnalité.
       Les seules choses que le sujet est en mesure d’intégrer sont : Le sentiment d’échec (je suis nul), la dévalorisation (je ne vaux rien), et la nécessité du repli sur soi (je suis infiniment seul).

        C’est ainsi, il me semble, que le sujet ayant intériorisé la honte peut être amené à pratiquer l’interruption du cycle de contact beaucoup plus tôt : d’éviter l’émotion, d’éviter l’excitation, ou même d’éviter l’émergence d’un besoin, tant le vécu de ses expériences particulières est douloureux.

 

       Pour ce qui advient de la frontière contact, cela s’avère variable et spécifique en fonction du lieu de l’interruption et de l’intensité de l’événement.

      Pour le mécanisme d’urgence décrit ci-dessus et correspondant à une interruption très violente lors de la prise de conscience de l’émotion, il me semble que l’on aboutisse à une sorte de confluence extrême (sensation de vide, d’anéantissement, de confusion), il n’y aurait plus de frontière, mais indifférenciation de l’organisme et de l’environnement.

      Pour une interruption correspondante à l’évitement de l’émotion : la phase d’excitation a été vécue et la frontière semble troublée de manière anarchique, il y a agitation et distorsion.

      Pour une interruption correspondante à l’évitement de l’excitation : Il y a eu émergence du besoin, du désir. Ce besoin, ce désir sont immédiatement rétrofléchis : rétrofléchissement de la respiration et la frontière semble peu sensible, émoussée, troublée.

      Pour une interruption correspondante à l’évitement de la prise de conscience du besoin, du désir : la frontière est déplacée, reculée, il y aurait une sorte de zone tampon établie entre organisme et environnement.

       Lors de l’examen des évitements du contact dans cette première phase du cycle, nous avons mis en lumière les résistances ou mécanismes de défense qui sont utilisés : l’introjection, la projection, la rétroflexion et la confluence.
       Ces expériences répétées d’interruption du cycle de contact aboutissent à de nouvelles situations inachevées qui renforcent les expériences passées, où les micro-champs introjectés ont atteint les aires de confluence saines et indispensables, qui jouent le rôle de fonction contenante de l’identité.

       En ce qui concerne les phases suivantes du cycle de contact, nous verrons que c’est essentiellement des interruptions, des évitements qui prennent leur source autour d’un vécu très particulier de la confluence.

       Nous avons vu combien le mécanisme d’urgence mis en oeuvre lors de la prise de conscience de l’émotion est violent et comment il renvoie au retrait et à des formes particulières de la frontière contact et de la confluence.
       Seulement, il est important de constater que ce n’est pas l’unique solution de dégagement pour celui qui est habité par la honte.
       En effet, nous savons combien la violence est présente dans l’intériorisation de la honte et comment ces introjections structurantes correspondent à des vécus intolérables, mais indispensables à la survie.

       Afin d’illustrer cette autre manière d’interrompre le cycle de l’expérience, je prendrai l’exemple des personnes qui ont été victimes de violences dans leur petite enfance de la part de leurs parents, qui ont intériorisé la honte, et qui renouvellent dans leur vie des expériences d’humiliations et de violences (personnes battues, abusées...).

       Dans le cycle illustré par Edward Smith, cette interruption s’effectue à mon sens au même endroit que pour le mécanisme d’urgence décrit précédemment, juste au moment de la prise de conscience de l’émotion, mais son aboutissement est tout autre.
       La prise de conscience d’une émotion (qui naît de la projection sur le tiers honnisseur ici-présent, d’une situation inachevée) aboutie à la rupture du contact avec le besoin, le désir, mais non au retrait du champ, comme dans le mécanisme d’urgence.
       Cette fois ci, il s’agit d’un remplacement extrêmement rapide du besoin, du désir du sujet, par le besoin, le désir du tiers ici-présent. Le sujet substitue le désir de l’autre au sien et se met ainsi en conformité avec l’autre.

       Dans les situations de renouvellement d’abus de violence, nous pouvons constater :

     
comment une introjection structurante, qui a concerné des aires de confluence indispensable débouche sur un mécanisme de projection qui agit sur le champ.

     comment cette projection rompt le contact avec le besoin, le désir, et aboutit à l’instauration d’une confluence (confusion du désir de l’autre avec le sien, remplacement de son désir par celui de l’autre) pour résoudre le déficit précoce de confluence saine (qui aurait du jouer le rôle de fonction contenante).

       Dans cette illustration, il apparaît que le sujet utilise le champ, pour y puiser ce qui lui est indispensable (une aire de confluence jouant le rôle de fonction contenante) sans avoir conscience de l’intolérable de ce qui se rejoue ici-présentement pour lui.

       L’interruption suivante dans le cycle du contact, fréquemment repérée chez le sujet honteux, est celle de l’évitement de la satisfaction. A nouveau, cette interruption est le fruit d’un vécu particulier de la confluence dont le sujet a effectué l’expérience.
       Nous savons comment le mécanisme d’urgence renouvelé, a renvoyé le sujet à une forme extrême de confluence qui correspond au vécu de l’anéantissement, du vide.
       Cette expérience douloureuse d’absence de frontière, l’amène à craindre la phase de satisfaction, où le mode moyen, ni actif, ni passif crée une forme particulière de confluence où il n’y a plus de contrôle du jeu figure/fond, où le fond disponible disparaît dans une formation unifiante figure/fond, qui se caractérise par la capacité de relâcher l’accessibilité du fond pour se consacrer à la figure unifiée.
       Cette crainte de la confluence extrême, si souvent vécue, aboutit donc également à l’évitement de la confluence particulière propre à la phase de satisfaction, et rend ainsi inaccessible l’entrée dans le mode moyen.


       Pour finir et examiner ce qui représente aussi une distorsion du cycle de contact, fréquente chez les personnes qui ont intériorisé la honte, j’utiliserai la représentation symbolique du cycle de Serge Ginger car elle illustre mieux, à mon sens, les difficultés liées au désengagement, à l’assimilation et au retrait : Voir la Figure N° 6  ci dessous.

 
 Figure N° 6

       Nous avons vu jusqu’ici et tout au long de ce chapitre l’importance de la confluence et ses vécus particuliers pour la personne habitée par la honte.
       A nouveau, en fin de cycle, après la satisfaction, c’est la phase de désengagement qui sera perturbée par la confluence.
       Nous savons que le sujet honteux est gravement fragilisé dans ses aires de confluence saine et indispensable.
       Nous constatons que, quand il est capable d’accéder la phase de satisfaction dans une expérience de contact, il peut enfin vivre une forme de confluence saine, qui représente alors pour lui un substitut aux fonctions contenantes, qui chez lui sont gravement perturbées.
       Cette expérience de confluence saine, si indispensable, il ne peut l’interrompre, et il rencontre à ce moment une nouvelle difficulté qui aboutit à une distorsion du cycle de contact que l’on peut représenter par la figure N° 7  ci-dessous.

 


Figure N° 7

       Cette distorsion de la phase de désengagement, caractéristique de l’évitement du retrait, réduit de manière significative les possibilités d’assimilation de cette expérience de contact.

       Assimilation, qui serait susceptible de remettre à jour toutes les expériences précédentes comme l’illustre la représentation de Serge Ginger : Figure N° 8 Ci-dessous.


Figure N° 8

       Pour la personne habitée par la honte, nous avons pu constater combien les interruptions dans le cycle de l’expérience sont nombreuses.

       La plus grande partie de ces interruptions engendrent de nouvelles situations inachevées, où renforcent celles qui sont à l’origine de son dysfonctionnement.

       Nous pouvons constater également, que bien souvent, alors que le cycle du contact s’est déroulé jusqu’à la phase de satisfaction, l’évitement du retrait annihile la possibilité d’assimiler pleinement cette expérience essentielle de contact.

       L’examen des principaux lieux d’interruption du cycle de contact, et des résistances, ou mécanismes de défenses, mis en oeuvre par les personnes qui ont intériorisé la honte, nous permet de comprendre comment les différents modes de fonctionnement du self sont utilisés.

       Pour le registre du Ça
       
Tout au long de ce chapitre, nous avons pu constater à quel point, des micro-champs introjectés (résidus des situations inachevées) s’infiltrent dans les émergences. Combien, ces émergences contaminées sont sources d’angoisses et d’interruptions précoces du cycle de contact. les émergences du Ça sont dangeureuses et le self ne fait donc que très peu appel à ce registre de fonctionnement.

       Pour la fonction personnalité
       
La fonction personnalité porte en elle tous les échecs correspondants aux résidus des cycles de contact contaminés par les micro-champs introjectés. Elle porte en elle : le sentiment d’impuissance, l’inhibition de l’action, le sentiment de déchéance, la perte du sentiment d’identité, la perte de l’estime de soi...
 
       Pour le registre du moi, ou la fonction Je
       
La fonction Je est la fonction qui assure la relation entre le Self et l’environnement et qui se fait l’interprète du Ça et de la fonction Personnalité.
       Dans le contexte de la honte intériorisée, elle se trouve donc vacillante, confuse, incohérente et elle se trouve très souvent dans l’incapacité d’éffectuer des choix. Elle ne peut clairement identifier et aliéner les désirs et pulsions du Ça
.

SUITE >>>

 

Retour à la page précédente

 

Retour au SOMMAIRE



Pour me contacter : Cliquer sur le logo ci-dessous




Haut de page